Jeune chercheuse étoile : Grandir Bilingue

Miranda Gómez Díaz
Doctorante en psychologie
Université Concordia
Le développement du langage commence par quelques mots : « maman », « eau », « papa »… Quelques mois plus tard, le vocabulaire explose soudainement : les bébés prononcent plusieurs nouveaux mots chaque semaine. C’est ce qu’on appelle la poussée de vocabulaire. Ce moment phare du développement de l’enfant a été étudié chez les familles monolingues. Mais qu’en est-il des foyers bilingues ? La courbe d’apprentissage de ces enfants est-elle la même ?
Éclosion de nouveaux mots
Pendant sa maîtrise à l’Université Concordia, Miranda Gómez Díaz a étudié l’évolution du vocabulaire chez des enfants de 16 à 30 mois. Plusieurs grandissaient dans un foyer bilingue. Chaque mois, les parents notaient tous les mots connus de leur progéniture. Chez les enfants de foyers bilingues, la poussée de vocabulaire se manifestait davantage dans la langue la plus entendue à la maison, et moins fréquemment dans la langue secondaire. Ces pics du langage se produisaient un peu plus tardivement que chez les monolingues. Ces observations sont importantes pour les pédiatres… et rassurantes pour les parents.
« Il ne faut pas nécessairement s’inquiéter si un enfant de famille bilingue est en retard dans sa poussée de vocabulaire, dit la chercheuse. L’étude montre que le développement du langage ne dépend pas uniquement de facteurs cognitifs, mais aussi du degré d’exposition à une langue. »
Du Mexique à Montréal
Miranda a obtenu son baccalauréat au Mexique, son pays d’origine. Son intérêt pour le développement du langage est né lorsqu’elle travaillait avec de jeunes enfants. Plusieurs parlaient espagnol et anglais, ce qui a piqué sa curiosité. « Je me suis demandé comment les enfants apprenaient deux langues en même temps. J’ai donc déménagé à Montréal, une ville où habitent plusieurs familles bilingues, pour faire une maîtrise sur le sujet. » Aujourd’hui, Miranda a terminé sa maîtrise et poursuit un doctorat pour approfondir la question. Avec ses travaux, elle souhaite contribuer à un meilleur accompagnement des enfants bilingues : « La recherche me donne la liberté de travailler sur les questions qui m’intéressent. »
Une présentation du

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